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C'est
la grande découverte de ces dernières années,
l'asthme est très souvent d'origine allergique
(trois fois sur quatre chez l'enfant), ce qui a des
conséquences sur l'orientation des recherches
actuelles.
L'allergie
respiratoire est un état de sensibilité
particulière pour des substances (ou allergènes),
qui, le plus souvent, sont tolérées par la
majorité des individus. L'organisme se défend de
manière exagérée, en produisant des anticorps
spécifiques IgE (Immunoglobulines E) spécialement
dirigés contre l'allergène.
La
réaction
allergique peut se manifester toute l'année ou de
manière saisonnière, comme au printemps avec le
rhume des foins. Elle se traduit par une rhinite,
c'est à dire un écoulement nasal, le nez bouché,
des éternuements souvent associés à une
conjonctivite. Ou bien, par une toux, souvent
annonciatrice de l'asthme, surtout lorsqu'elle
survient la nuit ou à l'effort.
La
gêne respiratoire
intense et la sensation d'étouffement au cours de la
crise d'asthme s'expliquent par plusieurs mécanismes
additionnés. L'allergène inhalé entre en contact
avec les bronches. Là, il déclenche quatre
réactions : leur fermeture (c'est le bronchospasme),
la transformation des bronches en "ressort"
(c'est l'hyper-réactivité bronchique), un
gonflement interne de la paroi des bronches (c'est
l'oedème), enfin
l'émission d'un mucus épais et collant.
Etat des lieux
Depuis
20 ans le nombre d'allergiques et d'asthmatiques a
augmenté en France et dans le monde. Un français
sur cinq est atteint d'allergie. Une fois sur deux
cette allergie est respiratoire. Un adulte sur douze
est asthmatique. Entre 1980 et 1990, le nombre
d'enfants asthmatiques a doublé. Six à dix pour
cent des enfants d'âge scolaire sont asthmatiques.
On comptabilise deux mille morts par an dus à
l'asthme, soit, à titre comparatif,un peu plus du
quart des décès dus aux accidents de la
circulation. Chaque année, en France, ce sont sept
millions de journées de travail qui sont perdues,
suite à des arrêts-maladie prescrits pour ce type
de pathologie.
Paradoxe
que les médecins s'expliquent mal : d'un côté, on assiste
à une augmentation des connaissances concernant les
allergies respiratoires, on observe aussi une
augmentation d'efficacité des médicaments ; de
l'autre côté, on constate une augmentation de la
fréquence de la maladie, de sa sévérité, et même
une augmentation de la mortalité.
Les
raisons de cette situation ? Les traitements existent mais on
ne les
contrôle pas aussi bien qu'on le voudrait. Ils sont
sans doute mal appliqués par les patients et pas
suffisamment tôt, d'où leur inefficacité relative.
En pédiatrie, le diagnostic est souvent tardif et le
traitement n'est mis en place qu'une fois l'asthme
bien installé. C'est beaucoup de temps perdu. Mais,
tout cela n'explique pas pourquoi la fréquence de la
maladie augmente. On invoque plus volontiers la
pollution, la multiplication des allergènes
favorisée par le confinement dans les foyers
domestiques, devenus plus chauds et plus humides en
raison du calfeutrage des portes et fenêtres pour
économiser l'énergie. En cause : les enfants, plus
souvent mis en crèche, sont davantage exposés aux
virus qui facilitent probablement l'action de
l'allergène. Cependant les crèches ont très peu
d'allergènes : ni chat, ni autre animal domestique,
rares acariens, etc. En outre, certaines infections
virales, ou surtout bactériennes, jouent peut-être
un rôle "protecteur" contre la
sensibilisation. Certains nouveaux polluants
apparaissent plus nocifs que ceux d'autrefois. Mais
les études en cours ont du mal à établir des
relations directes de cause à effet.
Quand on est soumis à de faibles doses de polluants
pendant des années, il est difficile d'en évaluer
précisément les effets sur le long terme.
Quels sont les responsables ?
Ceux
qui font régulièrement l'actualité de la recherche et qui
sont aujourd'hui mieux identifiés :
L'hérédité
Aujourd'hui,
l'origine en partie génétique de l'asthme ne fait
plus de doute. Des équipes suédoises ont montré
depuis longtemps que lorsqu'un des parents est
lui-même allergique, son enfant a une probabilité
de 38% de le devenir ; lorsque les deux parents le
sont, ce risque est de 52%. Cela dit l'allergie ou
l'asthme restent des maladies multifactorielles. Des
études sur des vrais jumeaux séparés montrent que
50% seulement partageront la même pathologie. Les
facteurs de l'environnement sont donc déterminants.
En
1990, une équipe
britannique, a montré que des enfants "à
risque" (dont les parents sont allergiques)
élevés dans un environnement sans acariens, ne font
pas d'asthme. En revanche ceux qui en font, ont
presque tous vécu dans leur enfance dans un milieu
surpeuplé d'acariens. Les généticiens ont mis en
évidence l'intervention des paires de chromosomes 4,
5 et 11 sur l'hyper-réactivité bronchique et
l'allergie. Le chromosome 5 particulièrement
étudié, porte les gènes codant la fabrication de
certaines interleukines, notamment celles impliquées
dans les phénomènes inflammatoires de l'asthme.
Les acariens
On
s'intéresse de plus en plus aux allergènes liés à
notre mode de vie : les acariens, anciennement
connus, les moisissures que l'on implique de plus en
plus, et les cafards qui semblent jouer un rôle
jusque là sous-estimé. Au niveau même des
allergènes, des milliers de molécules sont en jeu.
Aujourd'hui, le but des chercheurs est de trouver
celles qui, précisément, sont impliquées dans les
processus d'allergie respiratoire. Ce travail
permettra l'élaboration de médicaments plus
sélectifs et sans effets secondaires.
Les co-facteurs
L'augmentation
des allergies respiratoires et de la mortalité qui
lui est liée, est supérieure aux prévisions les
plus pessimistes. L'essentiel des hypothèses repose
sur l'intervention de ce que l'on appelle les
co-facteurs, liés à l'environnement, tels que les
polluants, les virus ou le tabagisme passif.
Co-facteur majeur :
la pollution
Des études japonaises ont
mis en évidence l'effet potentialisateur des
polluants chimiques comme celui du diesel sur des
pollens (notamment ceux de cèdres dans ce pays). Les
polluants chimiques peuvent agir soit en rendant la
muqueuse respiratoire plus vulnérable à l'action
des pollens, soit en rendant les pollens les plus
nocifs. Les chercheurs avancent également que les
particules de diesel, de toute petite taille,
"captent" les particules dans l'air et les
transportent en profondeur dans les bronches.
La
pollution est-elle pour autant un facteur déclencheur d'asthme ou
d'allergie à elle seule ?
Non,
mais la pollution est tout de même un facteur aggravant. On constate
que des épisodes de pollution majeurs sont
responsables de nombreuses hospitalisations. Les
fortes concentrations de dioxyde de soufre, d'acide
sulfurique et d'ozone, irritent la gorge et les yeux
de toutes les personnes exposées, mais provoquent
chez les asthmatiques des crises pour des
concentrations bien plus faibles. Toutefois, il faut
nuancer le rôle de la pollution.
En Allemagne, à l'Est, on trouve des régions
extrêmement polluées et à l'Ouest, des régions
qui le sont nettement moins. On constate cependant
avec surprise qu'il existe moins d'allergies à l'Est
qu'à l'Ouest, ce qui va à l'encontre de l'idée que
la pollution favorise l'allergie. Un début
d'explication a été proposé : à l'Est, on observe
davantage
d'infections virales. Ces dernières protégeraient
contre les sensibilisations précoces et l'apparition
d'allergies. En outre, à l'Ouest, la "vie
moderne" pourrait expliquer le nombre plus
élevé d'allergies, à cause de l'alimentation plus
diversifiée, de la présence de moquettes dans les
logements ou d'animaux domestiques
Les virus
Ils
jouent un rôle de déclenchement de la crise et
d'aggravation chez l'enfant dans près de 80% des
cas, et chez l'adulte, dans 60 à 70 % des cas. Il
est maintenant admis que ces virus (ceux du rhume, de
la grippe, etc.) fragilisent la muqueuse bronchique
et laissent la voie libre aux allergènes et
irritants de l'air ambiant (pollution, fumée de
tabac,...). Plusieurs équipes françaises
s'intéressent aux différents co-facteurs, à Paris,
à Lille et à Marseille.
Des
mécanismes de mieux
en mieux élucidés
Le mécanisme
décortiqué
L'allergie,
on l'a dit, est le résultat de la production
anormalement élevée, par l'organisme d'anticorps
IgE (Immunoglobulines E). Une première rencontre
avec l'allergène est nécessaire à la production
d'IgE spécifiques, et c'est seulement lors de
rencontres ultérieures avec ce même allergène que
peut se produire la réaction allergique.Pour les
chercheurs la question se résume à cette
interrogation essentielle : quels sont les
mécanismes précis qui vont conduire à la formation
des IgE ?
Le mécanisme décortiqué
Quand
une substance étrangère (germe ou allergène)
encore appelée antigène pénètre pour la première
fois dans un organisme, elle provoque la fabrication
d'anticorps spécifiques. La cellule est le
lymphocyte B, qui est "commandé"
par le lymphocyte T Helper (appelé T4). Ce
lymphocyte T4 a lui-même reçu toute son information
de l'antigène étranger en cause. En fonction de
cette information, le lymphocyte T4 peut devenir soit
un TH1 (s'il a été activé par des bactéries,
virus,...), soit un TH2 (s'il a été activé par des
parasites ou des allergènes).
Les
interleukines, produites par les lymphocytes, sont de véritables
messagers échangés entre les cellules impliquées
dans la réaction immunitaire. Une de ces
interleukines de la voie TH2 est l'interleukine 4 (Il
4). C'est elle, en particulier, qui stimule la
fabrication d'IgE spécifiques. Les macrophages
alvéolaires, les mastocytes et les polynucléaires
basophiles, sont parmi les rares cellules de la
muqueuse des bronches, à posséder à leur surface
des récepteurs aux IgE. Ces IgE vont aller s'y
planter comme des étendards et les sensibiliser.
Lors d'un contact ultérieur avec l'antigène
étranger, celui-ci saccole directement avec
deux IgE formant comme un pont entre elles. Il se
produit alors la dégranulation des macrophages
alvéolaires, des mastocytes et des polynucléaires
basophiles (schéma simplifié de l'hématopoïèse).
Une vingtaine de médiateurs chimiques seront
libérés dans les espaces intercellulaires.
Dix à quinze minutes
après que l'on ait respiré l'allergène, la crise
d'asthme survient : les médiateurs libérés
(histamine, prostaglandines, leucotriènes)
produisent leurs effets : oedème, spasme et
sécrétion dans les bronches, etc. La crise se
résout spontanément en deux heures à six heures.
En
fonction de l'allergène et de la personne, il peut y avoir des
conséquences retardées dans les 6, 12 ou 24 heures
qui vont suivre. Cette phase tardive est la
conséquence d'un autre type de réaction.Certaines
cellules circulant dans le sang (polynucléaires
éosinophiles, etc.) sont attirées vers les poumons
par les médiateurs chimiques libérés au site de
l'inflammation. Le passage de ces cellules est
d'ailleurs facilité par des transformations
opérées au niveau de la paroi des vaisseaux
sanguins. En effet, sous l'influence de médiateurs
chimiques, les cellules endothéliales, qui tapissent
les vaisseaux, acquièrent des"molécules
d'adhésion", d'énormes "crochets" :
résultat, les éosinophiles sont arrêtés et se
dirigent vers le lieu des réactions inflammatoires.
Les éosinophiles, alors sur place, libèrent des
produits toxiques, des sortes "d'enzymes
gloutons" capables dentraîner une
abrasion de l'épithélium. Ceci accroît encore la
réaction inflammatoire locale et le bronchospasme.
En France, les équipes de Lille et de Montpellier
travaillent de près sur ces mécanismes.
Actuellement, les biologistes cherchent à comprendre
les mécanismes de cette balance TH1-TH2.
Les voies de recherche sur les
nouveaux traitements
Les nouvelles molécules
Les
résultats les plus spectaculaires ont été obtenus
dans les domaines de l'aménagement de
l'environnement, avec desessais d'évitement et
d'éviction des allergènes, et grâce à la
possibilité nouvelle de mesurer localement et de
façon précisela quantité d'allergènes. Au vu des
résultats, les médecins chercheurs estiment que la
moitié des asthmes de l'enfant pourraient être
ainsi évités.
Différents travaux
ont montré que plus un enfant est soumis tôt aux
allergènes, et de manière plus intense, plus
l'allergie sera sévère, et donc plus les
conséquences sur l'appareil respiratoire seront
importantes. Si l'on retarde la date d'exposition aux
allergènes au-delà de la période de maturation de
l'appareil respiratoire (vers deux ans et demi-trois
ans), moins on risque d'avoir des séquelles
sévères d'allergisation précoce.
En
effet, il a été
démontré qu'au cours des deux ou trois premières
années de la vie, et déjà dansle sang du cordon
ombilical, l'enfant a une majorité de TH2 par
rapport aux TH1, tout simplement parce que durant la
grossesse, la mère a eu elle-même une majorité de
TH2 et ce, qu'elle soit ou non elle-même allergique.
Les TH2 protègent le foetus qui, en terme
immunologique, peut être considéré comme un
"corps étranger" (i.e. reconnu comme
"non-soi"). En effet, si la mère avait une
majorité de TH1 (ce qui n'est pas le cas), ces
cellules pourraient exercer leur fonction habituelle,
c'est-à-dire défendre l'organisme contre les
cellules étrangères, dont celles du foetus.On
comprend ainsi que les deux premières années de
l'enfant soient une période critique où l'on se
sensibilise plus facilement aux allergènes, y
compris alimentaires, dans le système IgE. Tous les
enfants naissent donc avec une prédominance des TH2,
qui s'atténue et disparaît au cours des deux ou
trois premières années, pour conduire à
l'équilibre "normal" avec une très large
majorité de TH1.
Deux
microgrammes (2 µg) d'allergènes d'acariens dans l'atmosphère
suffisent pour rendre allergique (sensibilisation) et
10 µg suffisent à déclencher la crise après cette
première sensibilisation. Il est donc essentiel de
prendre un maximum de précautions.
Contre les acariens, les spécialistes préconisent
de retirer de la chambre, avant de dormir, les
vêtements de la journée.
Pour
les enfants surtout, ils recommandent la suppression de la
moquette. Les enfants en bas âge se déplacent
souvent à "quatre pattes" par terre et
créent des "aérosols" d'acariens en
permanence. A favoriser : les surfaces lisses ; les
fibres synthétiques lavées (à 60° ou 65°) au
moins une fois par mois ; les lits aérés, les
housses de plastique entourant les matelas et les
oreillers, les sommiers "tapissiers" et
l'usage, si nécessaire, de bombes acaricides sur les
tentures, double-rideaux, etc.
La
désensibilisation
fait régulièrement l'objet de polémiques. Elle est
exceptionnellement pratiquée n Angleterre, pour des
raisons d'effets secondaires et de pharmacovigilance,
mais nullement pour l'absence d'efficacité. Elle est
admise aux Etats-Unis. En France et dans les pays
latins, les médecins ont plus volontiers recours à
cette technique, à condition que les indications
soient clairement posées. A partir du moment où
l'on démontre l'origine allergique d'un asthme ou
d'une rhinite, ils proposent d'abord et avant tout
des mesures d'éviction de l'allergène, puis une
désensibilisation spécifique à cet allergène
pendant une période moyenne de 4 ans. Mais
attention, l'asthme doit être préalablement
équilibré par les médicaments sinon la
désensibilisation risque d'être inefficace ou de
provoquer des crises sévères.
Les nouvelles molécules
Pour
traiter la crise, les patients disposent actuellement
de bronchodilatateurs puissants, associés
éventuellement aux corticoïdes par voie générale.
Quant au traitement de fond, il repose surtout sur
l'éviction des facteurs déclenchants mais aussi sur
des traitements aux anti-inflammatoires et aux
corticostéroïdes inhalés (CSI). Trop souvent, les
CSI ne sont pas utilisés ou le sont trop tardivement
en raison de craintes injustifiées sur les effets
secondaires. Or les CSI jouent sans doute un rôle
majeur, dans la protection des lésions tissulaires
(fibres musculaires lisses et collagène) qui
déterminent à plus ou moins long terme le
caractère irréversible de certains troubles
respiratoires.
L'avènement de
bronchodilatateurs inhalables et à effets prolongés
permet d'améliorer l'évolution des asthmes.
Les "anti-leucotriènes" récemment commercialisés aux Etats-Unis,
font encore l'objet d'études cliniques en France.
Ils devraient être mis sur le marché dans les
prochains mois.
Leur principe ? Quand la cellule cible est activée
par un allergène, elle fabrique aussi des
leucotriènes, connus pour favoriser l'inflammation
et la bronchoconstriction. D'où l'intérêt de
substances qui s'opposent à leur action. Il en
existe deux types : celles qui ressemblent aux
leucotriènes et qui vont entrer en compétition avec
eux sur les récepteurs cellulaires ; et celles qui
bloquent la fabrication des leucotriènes.
Autre voie de
recherche, les anticholinergiques avec des produits qui
devraient sortir d'ici trois à quatre ans sur le marché. Au niveau
des bronches, se trouvent des muscles commandés
surtout par le système parasympathique (via le nerf
vague). Ce nerf agit sur les muscles par un
médiateur chimique, l'acétylcholine. En mettant au
point des anticholinergiques spécifiques,
exclusivement actifs au niveau des bronches, on
espère abaisser leur réactivité.
Les études actuelles faites en Angleterre par Peter
Barnes semblent très prometteuses.
A
plus long terme, dans la même démarche de pharmacologie classique,
les chercheurs espèrent agir sur les autres
médiateurs chimiques impliqués dans l'allergie
(histamine, prostaglandines, interleukines,
chémokines, etc.) en bloquant leurs récepteurs.
Un
travail publié
dans la revue Nature (20 février 97) évoquait une
stratégie radicalement nouvelle pour soigner
l'asthme. Une équipe américaine a réussi à
inhiber la réponse bronchique chez des lapins
allergiques exposés aux acariens.
Comment ? En agissant sur une substance :
l'adénosine. On a confirmé qu'elle avait bien des
effets bronchoconstricteurs, alors que ce n'était
jusqu'ici qu'une hypothèse. Ceci ouvre donc la voie
à des travaux classiques visant à bloquer ce
récepteur. Mais les américains, eux, ont opéré de
manière radicalement différente. Loin d'agir sur le
récepteur, ils ont inoculé aux lapins des
substances "antisens" dirigées contre
l'ARN messager d'un récepteur à l'adénosine.
Un "antisens" est un brin qui va s'associer
par complémentarité avec l'ARN messager et
empêcher sa traduction en protéine. Et si il n'y a
pas de protéine, il n'y a pas de récepteur à
l'adénosine, donc impossibilité pour cette
substance d'agir. Bien que compliquée, cette
stratégie semble efficace, au moins
expérimentalement chez le lapin.
Une
autre voie toute nouvelle, et déjà très avancée, est l'utilisation
d'anticorps humanisés ou d'anticorps chimères. Il
s'agit d'une reconstruction, par génie biologique
qui consiste à "greffer" la fonction
anticorps d'une immunoglobuline obtenue par clonage
chez une souris à la partie invariante d'une
immuglobuline humaine. Cette nouvelle immunoglobuline
est ensuite produite par génie biologique : elle
garde la partie anticorps de la souris, peu
immunisante pour l'homme et la partie
"humaine", par principe non sensibilisante.
De tels anticorps à visée thérapeutique, sont en
cours de développement avec des résultats
extrêmement intéressants dans les allergies aux
divers pollens et plus récemment dans l'asthme
allergique.
Etienne Rica Octobre
1997 - Actualisé en juin 2000
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